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MATEO CABETE, ETUDIANT EN MOBILITE INTERNATIONALE AU CANADA

Mateo Cabete vient d’être diplômé d’une licence bidisciplinaire droit et histoire de l’art à l’université Lumière Lyon 2. Pour conclure ses trois années en beauté, il s’est envolé vers le Canada, à Sherbrooke, le temps d’un échange universitaire.

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2 min ⋅ 08/07/2026

MV :  Pourquoi avoir choisi de partir en mobilité ?

MC : Je voulais avant tout améliorer mon anglais. Finalement, comme je n'avais pas eu le temps de passer les certifications nécessaires, je me suis orienté vers une destination francophone. Je souhaitais aussi choisir des enseignements davantage en adéquation avec mon projet professionnel, qui est de devenir avocat en propriété intellectuelle. Cette mobilité m'a permis de construire un programme plus adapté à ce que je veux faire. J'y ai suivi des cours, en français et en anglais, en lien avec mes deux disciplines : en droit, notamment du droit international privé et du droit des contrats internationaux ; en histoire de l'art, des enseignements consacrés à l'art autochtone et à l'histoire de l'art canadienne, notamment l'art des femmes.

Qu'est-ce que cette année à l'étranger t’a apporté sur le plan personnel ?

Cette expérience m'a poussé à sortir en permanence de ma zone de confort. Chaque semaine était l'occasion de découvrir un nouveau quartier, un restaurant, une ville ou de nouvelles personnes. On est constamment dans une dynamique de découverte et de rencontres. C'est très enrichissant, même si cela peut parfois être fatigant, car on a le sentiment de devoir profiter de chaque instant.

Justement, as-tu ressenti une forme de pression à profiter de ton voyage au maximum ?

Oui. On a toujours l'impression qu'il faut rentabiliser cette année et vivre le plus d'expériences possible. Il faut que tu t’amuses le plus possible. Même si Sherbrooke est moins festive que d'autres destinations celles où sont partis des amis, au Brésil ou au Mexique, il existe une pression sociale : tout le monde sort, voyage et accumule les expériences. On se dit qu'au retour, il faudra pouvoir raconter ce que l'on a vécu.

La mobilité a-t-elle été l’occasion de te découvrir, d’en apprendre plus sur toi ?

Avant de partir, je ne parlais pas très bien anglais. J'ai pourtant effectué plusieurs voyages en solo aux États-Unis et j'ai progressé beaucoup plus rapidement que je ne l'imaginais. J'ai aussi découvert que j'étais plus sociable que je ne le pensais. Puis, cette expérience m'a donné davantage de confiance en moi. J’ai pris de l’assurance.

Gagner en assurance, c’est à dire ?

À Lyon, je me sentais déjà débordé par mes études. Au Canada, j'ai réussi à suivre mes cours, effectuer un stage, travailler à côté, m'investir dans des associations, faire davantage de sport et sortir plus souvent. Les notes comptaient moins centrale qu'en France, surtout au sixième semestre, ce qui m'a permis de rééquilibrer mes priorités. Moi qui accordais beaucoup d'importance aux notes, là, c'est vraiment délégué sur d'autres aspects plus importants.

Quel rapport entretenais-tu avec les voyages avant cette mobilité ?

Je voyageais régulièrement avec mes parents, mais tout était organisé. Au Canada, j'ai appris à organiser mes propres déplacements. Dès que j'avais trois/quatre jours de libres, je partais découvrir une nouvelle destination. J'ai notamment voyagé à New York, Miami, Puerto Rico, Montréal ou encore Boston, que j’ai découvert seul.

Dire que faire une mobilité, c’est expérimenter une nouvelle vie, es-tu d’accord avec ceci ?

Franchement, oui. Cette expérience change profondément notre manière de voir les choses. On vit une dissonance entre le « nous » de « avant » et le nous de maintenant, on est plus affirmés dans nos choix. On gagne en autonomie, on apprend à se projeter et à préparer son avenir tout en vivant pleinement le présent. On rencontre aussi des personnes issues de milieux très différents, ce qui élargit notre vision du monde.

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui hésite à partir ?

Je lui conseillerais de bien choisir sa destination, non seulement en fonction de l'université mais aussi du cadre de vie. Il faut se demander si l'on se sentira bien dans cette ville. Moi, Sherbrooke c’était un peu perdu dans les campagnes canadiennes mais j’en ai profité pour voyager donc ça compensait. Malgré tout, je pense qu'il ne faut pas hésiter à partir : une mobilité apporte toujours quelque chose. Pour ceux que ça inquiètent, commencer par une destination européenne peut être rassurant.

Comment était la vie à Sherbrooke ? Et plus globalement as-tu ressenti un choc culturel au Canada ?

C'est une excellente ville étudiante, avec un cadre de vie agréable, entre ville et campagne. Au début, j'ai été un peu déçu car elle semblait moins dynamique que Lyon, mais j'ai fini par m'y créer une véritable vie. La proximité avec Montréal permet aussi de varier les expériences. Le choc culturel est resté limité, car le Québec est culturellement proche de l'Europe. Les différences concernent surtout les relations sociales, certaines habitudes de consommation ou la langue. En revanche, mes amis partis en Asie ont vécu un dépaysement beaucoup plus marqué.

Propos recueillis par Méline Vert


Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré au voyage, consultez les articles de notre blog.

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