COMMENT SE JOUE LA MISE EN SCÈNE DE LA MORT AU CINÉMA ?

A l’affiche des cinémas, se mélangent un certain nombre de films d’actions, d’horreur, d’animation mais aussi de jeunesse. Dans certains de ses films, des personnages meurent de manière plus ou moins graphique. Pourtant, nos sociétés occidentales n’ont jamais été aussi pudiques sur cette question.

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2 min ⋅ 01/04/2026

La représentation de la mort dans les films mais aussi dans l’art en général a évolué depuis les memento mori de l’Antiquité et du Moyen-Âge. La mort violente est désormais l’une des plus vues à l’écran, autant dans des films d’actions que d’horreur. Mais, un certain tabou autour de la mort et du deuil, touchant tout le monde dans le monde réel, persiste. La question de l’euthanasie, sujet actuellement brulant, concerne un certain nombre de personnes mais reste peu abordé, ou alors de manière biaisée dans les grands médias nationaux. Pourquoi alors une dichotomie pareille avec cette représentation de la violence omniprésente médiatiquement et cinématographiquement ? 

Elle semble exister car niant la réalité de la mort. La mort est souvent utilisée que ce soit dans les cinémas ou les médias pour parler d’un autre sujet. Au cinéma, dans la plupart des films de blockbuster, la mort d’un proche du héros est le déclencheur du protagoniste à s’engager dans une voie héroïque ou lui révèle la dissonance morale de ce monde où seul le plus fort survit. La mort de ce proche en tant que telle est racontée dans un but autre que parler de la mort en tant que telle. 

Aussi, souvent la mort est mise en scène pour décrire l’agonie soit de manière terriblement imagée ou à l’aide d’une scène de ralenti de 5 minutes. Il est intéressant d’y voir un parallèle avec les funérailles qui sont des cérémonies pour les vivants et non pour le défunt. Ces cérémonies ont un but sanitaire et social et participent au processus de deuil.

Lever le tabou sur la mort

Parfois, le cinéma permet dans d’autres pays européens de dévoiler ce tabou autour de la mort notamment à travers des films sur l’euthanasie. L’un des films les plus célèbres sur cette question est le film espagnol Mar adentro ou plus récemment La grazia, film italien sur la question du deuil, de la peine de mort et de l’euthanasie. Ces films ont la capacité de toucher un large public sur ces questions qui sont reléguées au second plan alors même que la mort est partout dans chaque sujet du quotidien: la productivité, le sens de la vie, la guerre ou encore les politiques publiques.

Le Covid, avec son décompte mortifère, mais aussi la loi sur l’euthanasie actuellement débattue au Parlement, ont montré par le prisme de la mort que notre société et nos façons de vivre sont en crise. Comment assurer le droit à une fin de vie digne quand une vie digne n’est pas assurée ? Comment vivre quand la garantie d’un choix libre et éclairé de terminer sa vie n’est pas certaine ? Ces films, Mar adentro comme La grazia, rappellent que chaque personne fait ses propres choix et a le droit de voir ces choix respectés. Mais à l’heure, où le lien social se délite, où l’Etat se retire de son rôle social et que le monde semble instable, il est difficile d’envisager le futur avec sérénité. 

La loi sur l’euthanasie doit donc s’inscrire dans une démarche de réflexion pour une vie digne et assurée pour tous: elle ne doit pas être l’ultime solution d’un système de santé publique à bout de souffle.  

Par Lucie PETIT


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