Après 20 ans de pourparlers et de négociations, le Traité international de protection de la haute mer, ratifié par 67 États ainsi que l’UE, marque un tournant décisif dans la protection des espaces maritimes, mais aussi dans la capacité de prises de décisions collectives au sujet de l’écologie. Cet accord apparait comme le fruit du processus de patrimonialisation des mers et océans à l’échelle de l’humanité. En effet, cet espace commun s’inscrit alors comme un espace naturel digne de mesures de protection, au-delà des frontières nationales.
Ces négociations liées aux eaux internationales comme part du patrimoine collectif, attestent d’une politisation de la question environnementale. Ainsi, ses enjeux et menaces sont partagés, et les solutions se doivent d’être collectives pour être efficaces et durables.
Le traité marque aussi une évolution drastique dans le droit de la mer à l’échelle internationale. Comme l’affirment les Nations-Unies, ce texte place aussi un nouveau cadre réglementaire pour les espaces maritimes. En d’autres termes, de nouvelles modalités doivent à présent être respectées. Des règles par exemple relatives à la lutte contre la pollution chimique, ou encore contre la décharge de déchets, mais aussi au contrôle de la pêche. L’article du 21 septembre 2023 de la Commission Européenne sur la signature de ce traité ajoute que ce dernier annonce également le partage « juste et équitable des avantages des ressources marines ».
Parmi les 67 États signataires apparaissent les États Unis, sous la présidence de Joe Biden. La gestion politique de l’écologie par ce pays reste paradoxale aux yeux des acteurs internationaux. En effet, bien que précurseur du mouvement écologique, notamment avec l’apparition des premiers parcs nationaux au monde, les États-Unis restent le deuxième plus grand pollueur au monde derrière la Chine. Il est ensuite important de souligner que le pays est l’un des seuls à ne pas ratifier la Convention de Montego Bay, convention qui limite pourtant ses zones maritimes nationales. Et pourtant, le président Joe Biden semble insister sur sa volonté de protection collective des mers et océans, à travers la signature actuelle du traité de l’ONU sur les eaux internationales.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies reconnaît le soutien essentiel de divers acteurs politiques et diplomatiques qui ont permis la réalisation de ce traité. Il s’adresse ainsi aux actions des ONG, des institutions universitaires, de la société civile, mais aussi de la communauté scientifique. La société pousse les gouvernements à prendre des mesures pour la protection de l’environnement, et ce traité semble attester d’une étape importante de sa réussite.
Par Lilou Bourry
Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré à l’écologie, consultez les articles de nos rubriques Culture et Société sur notre blog.
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