Dans le cadre de notre dossier spécial, deux archéologues ont accepté de répondre à nos questions. Il s’agit du Maître de Conférence en archéologie et histoire de l’art du monde romain Aldo Borlenghi et du Professeur d’archéologie grecque Olivier Henry. Tous les deux enseignent à l’Université Lumière Lyon 2 et sont responsables pédagogiques.
Pouvez-vous nous présenter le parcours après le bac pour devenir archéologue ?
Aldo Borlenghi (A.B.) : J’ai fait mon parcours plutôt en Italie. Mais en France, le plus important est de suivre une licence d’histoire de l’art et d’archéologie qui dure trois ans. Il faut ensuite suivre un master comme celui qui s’intitule « Archéologie et Sciences pour l’Archéologie » (ASA) à l’Université Lyon 2. Il est aussi possible de devenir archéologue en passant par d’autres masters où il peut y avoir plus de lettres classiques ou d’histoire. Donc quand on parle d’archéologue c’est une palette très large, c’est-à-dire que si vous voulez devenir égyptologue, ce n’est pas forcément le même parcours que pour quelqu'un qui choisirait d’être archéologue spécialisé dans le Moyen Âge ou dans l'époque romaine (dont je suis spécialiste).
On a des nuances et des parcours qui peuvent être assez variés. Ce qui est important, à mon avis, c'est plutôt la pratique de l'archéologie, c'est-à-dire la possibilité de participer à des fouilles archéologiques. Il peut s'agir de chantiers « école » en général ou de fouilles organisées aussi par des associations. C'est important de connaître le métier, d'avoir ce contact avec le terrain pour comprendre aussi si c'est ce qu'on veut faire dans la vie. En effet, pour moi par exemple, quelqu'un qui fait une étude iconographique, donc ce qu'on considère plutôt de l'histoire de l'art, et bien c'est également un archéologue. Donc il n'y a pas que l'archéologie de terrain ou l'archéologie qui concerne du petit mobilier. Pour moi, l'archéologie, l'histoire, l'histoire de l'art ou aussi les lettres classiques sont quelque chose qui permettent en fait d’arriver à une meilleure connaissance de l'Antiquité ou d’autres époques. En effet, si on parle d’archéologie en général, c’est clair que par exemple pour le Moyen-Âge, on peut avoir des archives qu’on n’a pas forcément pour d’autres époques.
Olivier Henry (O.H.) : Pour devenir archéologue, il faut étudier l'archéologie et après vous pouvez vous spécialiser. Enfin, l'archéologie regroupe un nombre tellement large et varié de métiers qu’il est compliqué de répondre à cette question de manière simple. Il faudrait d'abord définir ce que c'est qu'un archéologue, et s’il existe une définition, celle-ci est difficile à traduire en termes d’activité puisque le terme d’archéologue regroupe des réalités qui sont très variées.
Dans mon cas précis, je n'ai pas de spécialisation technique, si ce n'est l'analyse architecturale et le monde funéraire. Ces spécialisations s’acquièrent après la licence, au niveau du master puis du doctorat. Mais on n'a besoin de faire ni un master ni un doctorat, même si c'est plutôt conseillé, pour devenir archéologue. En effet, tout dépend du niveau auquel on veut travailler sur un chantier archéologique. On peut être simple fouilleur ou technicien de fouille avec une licence. On peut être responsable de secteur, voire responsable d'opérations pour des petites fouilles à partir d'un master. On est généralement responsable d'opérations à partir d'un doctorat. Dans le cas de spécialisation techniques, acquises après la licence, il est possible d’intervenir sur des chantiers pour traiter des dossiers particuliers (céramique, archéozoologie, etc.). Il existe, dans l'archéologie, des métiers qui sont très variés et qui vont nécessiter des spécialisations qu'il faudra peut-être acquérir d'abord sur le terrain ainsi qu’en dehors du cursus classique d'histoire de l'art et archéologie, avec des études qui porteront dans des domaines de sciences dites dures (analyses physico-chimiques par exemple). Les étudiants à l’Université Lyon 2 peuvent se familiariser avec ces spécialités dans le cadre de leur master, notamment dans le cas du master ASA (Archéologie et Science pour l’Archéologie). Mais s’ils veulent poursuivre dans des branches qui sont très spécialisées, à ce moment-là, il faut adjoindre d'autres types de formation à la formation classique qui est offerte au sein du master.
Au final si on voulait créer une formation qui puisse former n'importe quel archéologue dans n'importe quelle spécialité, il faudrait une université entière dédiée à cela, avec des UFR par domaines d’activités et des départements variés. Enfin, il faut garder à l’esprit que l’archéologie ne se résume pas à la fouille ou à la documentation d’objet. C’est une discipline scientifique et de recherche qui doit permettre de produire une réflexion historique contextualisée. L’aspect technique ne suffit pas à lui seul.
Quels sont vos meilleurs souvenirs en tant qu’étudiant ?
A.B. : Le premier qui me vient est de faire quelque chose qui me passionnait car aller à l’université a confirmé un peu l’image que j’avais de l’archéologie et m’a permis de réaliser mon rêve. Quand j'étais étudiant, j'ai participé à un bon nombre de chantiers où j'ai rencontré pas mal de personnes. J’ai trouvé un sens communautaire et convivial en archéologie qui m’a plu. L'autre chose que j'ai adoré, c'était d’avoir la possibilité de fouiller dans des endroits qui étaient très variés, très différents, et très loin. J'ai fouillé dans plusieurs endroits : en Italie, en Grèce, en France, à Malte. Enfin rencontrer des gens pendant ma thèse et échanger avec eux sur cette passion de l’archéologie m’a plu aussi.
O.H. : Le terrain est mon premier meilleur souvenir. À l'époque, j'étudiais à l'université de Bordeaux et on avait pu faire un stage de terrain sur la fouille en archéologie préventive de la cité judiciaire. J'ai trouvé ce stage de terrain fantastique. Mon deuxième meilleur souvenir, c’est quand je suis arrivé en master, que l’on appelait maîtrise à l’époque, et que j'ai compris ce que c'était que faire de la recherche. Cela a été une découverte extraordinaire pour moi. Voilà, ce sont mes deux meilleurs souvenirs. Je pense aussi, à un professeur en particulier qui vit toujours et qui s'appelle Alain Bresson. Il nous avait donné un séminaire sur la famille et sur les liens familiaux en Grèce. C'était un véritable séminaire de recherche et j'avais trouvé ce séminaire éclairant. C'est là où je me suis dit : « voilà, moi aussi je vais être chercheur, moi aussi je veux me poser des questions comme ça, et tenter d’y répondre. »
Quelles sont les éventuelles expériences Erasmus ou voyages qui vous ont marqué ?
A.B. : Il y a peut-être pour moi deux voyages et expériences qui m'ont vraiment marqué. La première fut en France à Lyon, en 2001. J’étais à l'époque à l'université de Milan et j'avais eu la possibilité de faire un projet de recherche à l'étranger. J’ai choisi pour ce projet de travailler sur les aqueducs romains. C’était une sorte d’Erasmus qui durait cinq mois et qui m’a permis d’apprendre correctement le français mais surtout de découvrir la France et d’avoir des amis.
L’autre expérience que je trouve exceptionnelle a été quand j'ai eu un post-doctorat à Athènes à l'École archéologique italienne. Cette expérience m'a permis de passer presque un an dans la capitale grecque et de découvrir la Grèce. Ce pays est toujours un peu dans mon cœur parce que j'ai aussi fouillé une dizaine d'années en Crète et c'est quelque chose auquel je suis très attaché.
O.H. : Tous les voyages sont marquants. Cependant, celui qui a été le plus déterminant pour moi fut le voyage que j’ai fait quand je travaillais au service régional d'archéologie de Bordeaux en tant qu’archéologue. Je faisais à l'époque ce qu'on appelle une objection de conscience, qui remplaçait le service militaire. On m'a proposé de partir en Turquie pour accompagner un professeur d'histoire grecque qui s'appelait Pierre Debord parce qu'il menait des missions archéologiques en Turquie et qu'il avait besoin de techniciens de fouille. Pour moi, ce voyage a été le début d'une très longue histoire puisque cela a été la découverte de la Turquie et la naissance d’une amitié entre un étudiant et un mentor. C'est avec lui que j'ai fait ma thèse de doctorat. Il a été un grand modèle pour moi. Ce premier voyage, en juillet 1998 a vraiment été le déclencheur de beaucoup de choses pour ma vie comme pour mon métier.
Quels sont les changements que vous avez vécu en devenant enseignant ?
A.B. : Je suis de l'autre côté donc je comprends mieux certaines choses comme la difficulté de préparer un cours et le fait de faire un cours qui soit compréhensible par les étudiants. Pour moi, l'enseignement c'est vraiment quelque chose qui me passionne. Quand il y a un étudiant, une étudiante qui me dit : « j'apprécie votre cours », pour moi, c'est une forme de reconnaissance qui est très importante. C'était un peu le rêve de ma vie, le fait de devenir enseignant-chercheur en archéologie. Après, c'est arrivé en France et pas en Italie, mais ce n'est pas un problème. Au contraire, pour moi, cela a été une grosse chance. De l’autre côté, ce qui était important pour moi quand j'étais étudiant, ça a été d’avoir de bons modèles, c'est-à-dire des personnes que j'ai vraiment appréciées. En particulier, un de ces bons modèles a été mon professeur de thèse qui aujourd'hui n’est plus là. Il s’appelle Enzo Lippolis. C’était quelqu'un qui avait des qualités scientifiques et surtout humaines exceptionnelles. Et donc, je pense qu’il m'a marqué parce que je veux un peu reproduire à ma façon ce type de modèle, ce regard et cette attention vis-à-vis des étudiants.
O.H. : D'abord, c'est un changement très tardif. Je suis devenu professeur à l'université à 49 ans. Entre la fin de mes études (j’ai soutenu en 2005) et puis le poste que j'occupe maintenant à Lyon, depuis 2020, il s'est passé un temps long, pendant lequel j'ai fait beaucoup de choses différentes. J'ai travaillé dans beaucoup d'universités différentes et dans de nombreux pays différents. L’arrivée, ou plutôt le retour en France a été un peu un choc puisque je m’étais absenté du pays pendant 15 ans. Beaucoup de choses avaient évolué en bien et certaines en moins bien. Les évolutions positives sont l’attention portée par l’administration à la réussite des étudiantes et le panel des outils mis en place pour aider l’étudiant dans ses études (césure, mission handicap, dispenses d’assiduité, Moodle, etc.). Le changement, enfin, la découverte moins agréable a été de découvrir le poids des charges administratives assumées par les enseignants. Être enseignant-chercheur signifie, a priori, partager son temps entre l’enseignement et la recherche. Or, aujourd'hui, la plupart des enseignants-chercheurs partagent leur temps entre l'enseignement et l'administration. La recherche devient la portion congrue de l'activité de l'enseignant-chercheur. Cependant, même si la part administrative est extrêmement lourde, elle nous permet aussi d’orienter l'enseignement, l'organisation de ces enseignements et leur suivi. C’est donc une excellente chose que l’enseignement soit géré par des enseignants, même si on peut déplorer le poids de cette activité. Je ne connais pas d'enseignants-chercheurs qui ne soient pas obligés de travailler le week-end. Je ne sais pas comment on pourrait mieux approcher le problème : peut-être en donnant un peu moins de cours ou en essayant de mieux répartir les charges administratives au sein des collègues… Mais cette situation reste compliquée.
Quels sont vos projets de recherches ?
A.B. : Le projet qui me tient le plus à cœur en ce moment est la mission archéologique à Montenero Sabino. C’est un sanctuaire romain d’époque républicaine, aménagé à partir du IVe siècle avant J.-C. et abandonné au IVe siècle après J.-C. qui se trouve en Italie dans un petit village à 60 km de Rome. C’est un chantier « école » de l'Université Lyon 2 que je dirige depuis 2019. C'est passionnant parce que c'est quand même un sanctuaire d'une divinité, qui s’appelle Vacuna, dont on n’a jamais fouillé aucun lieu de culte. En plus, on vient d'avoir la deuxième place d’un prix important qui est le prix Clio pour les recherches archéologiques francophones à l'étranger. Et surtout, on a fait des découvertes qui nous permettront d’organiser à la fin de l'année une exposition à Rome.
Cette exposition est d'un côté, une forme de reconnaissance mais c'est quelque chose qui nous, à toute l’équipe et moi en tant que directeur de mission, met un peu la pression. L’archéologie est un travail d’équipe. En effet, on ne peut pas imaginer un chantier sans l'apport de plusieurs figures, de plusieurs personnes, de plusieurs compétences.
C’est important. Ensuite, il y a un autre projet qui me tient à cœur. C’est le projet qui va démarrer et qui tourne autour de la table claudienne et que je vais mener avec d’autres collègues de l'Université Lyon 3, Patrice Faure, professeur d’histoire romaine, Romain Loriol, maître de conférences en latin, et Pierre-Jean Souriac, maître de conférences en histoire moderne. Chacun a ses compétences. On essaiera de réaliser, à travers toute une série de journées d'étude, une publication et de mettre en place une exposition en collaboration avec le musée Ludgunum afin de donner une image complète et un peu innovatrice de la table claudienne. Cette table est le document en bronze le plus important qu'on a retrouvé à Lyon et un des plus importants qu'on a retrouvé dans le monde romain.
Après il y a d'autres projets, comme le projet Fistulae financé par l'Agence nationale de la recherche : il concerne en fait les tuyaux en plomb, le réseau hydraulique de certaines villes de la Gaule et d'Italie, parmi lesquelles Rome. Ce projet nous permettra d'avoir pas mal d'informations sur le marché du plomb à l’époque romaine. Il est porté par l’Université de Toulouse, l'École Française de Rome, l’Université Lyon 2 et l’Université de Montpellier.
O.H. : Je travaille depuis 20 ans sur le même site archéologique qui s'appelle Labraunda dans le sud-ouest de la Turquie. C’est un site passionnant. D’abord, j’ai une histoire un peu particulière avec Labraunda. En effet, quand je suis parti en Turquie en 1998 avec celui qui deviendra mon professeur et mon mentor, un dimanche, alors qu'on avait fait une pause, il m'avait emmené sur le site que je ne connaissais absolument pas. Il m'avait dit : « Olivier, un jour, il faudrait vraiment faire un travail sérieux parce que c'est un site extraordinaire. ». Vingt ans plus tard, je suis devenu directeur de ce site. Pour moi, c'était un peu boucler la boucle. Il y a aussi des raisons scientifiques et professionnelles qui m'attachent à ce site. Ce site permet de révéler la puissance des interactions culturelles dans un monde qui se trouve au contact de plusieurs civilisations : une civilisation anatolienne, une civilisation grecque et une civilisation perse, à une période charnière de l’histoire égéenne. Ce site, bien que n’étant pas le seul à avoir été soumis à ce type d’interaction en Turquie, se trouve en montagne et n’a pas été urbanisé. Il montre donc un niveau de conservation assez exceptionnel et par conséquent il permet de mettre au jour une culture matérielle qui a disparu dans les autres sites enfouis sous les villes modernes. Par ailleurs, c’est un site très ancien.
L’année dernière, nous y avons découvert des traces d’une occupation datant du chalcolithique, avant même le début de l’âge du Bronze. Ce site a ensuite été occupé jusqu’au XIIIe siècle après J.-C. C’est un site qui a connu son apex au IVe siècle avant J.-C.. Il s'était alors développé autour d'un grand sanctuaire de Zeus Labraundos. Le site était très connu dans l'Antiquité, notamment grâce la dynastie des Hécatomnides, dont le membre le plus connu est Mausole, le fameux constructeur du Mausolée d'Halicarnasse. La dynastie a voulu faire de ce site une vitrine de leur pouvoir : des bâtiments exceptionnels y ont été construits, des textes uniques y ont été inscrits.
Quelles sont vos sources de financement pour vos fouilles ?
A.B. : Il y a des financements publics. Par exemple, la commune de Montenero finance une grande partie de la fouille grâce à une convention qu’elle a signée avec l'Université Lyon 2 et le laboratoire Archéologie et Archéométrie (ARAR). Le laboratoire va aussi financer la fouille. Quant aux UFR (unités de formation et de recherche), elles vont donner une contribution pour le voyage des étudiants. La formation des étudiants est prioritaire pour nous : dans ce cadre, la participation des collègues, provenant de l‘archéologie préventive aussi, est un atout important pour le chantier-école. Les financements sont également indispensables pour faire des analyses afin de faire avancer la recherche. On cherche des financements publics, mais aussi des financements privés du côté des entreprises. Un point essentiel de la recherche archéologique est en effet la recherche de financements. Ce serait plus facile et moins chronophage, si on avait tout le temps directement des financements de la part de l’État, de la part de l’université. Mais ce n’est pas toujours possible. En France, par exemple, depuis deux ans on a moins de financement de la part de l’État. En conséquence, on est parfois obligé de chercher des financements ailleurs, par exemple en participant à des appels à candidatures. Répondre à ces appels prend du temps, qui aurait pu être consacré à la recherche.
O.H. : Mon activité est particulière car je travaille à l’étranger et je suis le directeur de fouille ce qui entraîne des charges financières importantes en particulier en Turquie car les directeurs de fouilles doivent s’engager à assumer des charges fixes et non négociables. Ces charges comprennent le gardiennage 12 mois par an du site, ainsi que sa sécurisation, l'achat et l'entretien d'une maison de fouille, ainsi que l'achat et l'entretien d'un dépôt archéologique. En termes de financement, c’est un montage toujours très compliqué. D'abord, quand on est une équipe française qui travaille à l'étranger, on a la possibilité de demander un financement à la Commission des fouilles françaises à l'étranger. C'est une commission qui dépend du ministère des Affaires étrangères et qui réunit des archéologues, des administrateurs du ministère des Affaires étrangères. La commission attribue des enveloppes de recherches substantielles mais insuffisantes au regard des dépenses qui nous sont imposées, en particulier en Turquie. Il faut donc trouver de l’argent ailleurs. Les laboratoires de recherches telle HISOMA, auquel je suis affilié et qui appartient à la Fédération Maison de l'Orient et de la Méditerranée, permettent d’obtenir des enveloppes de recherche. Ces financements, s’ils sont vitaux, restent toutefois insuffisants. Il est aussi possible de passer par exemple des conventions avec d'autres universités françaises ou étrangères qui permettent de débloquer des sommes d'argent. On peut passer des accords avec des membres de l'équipe qui sont eux-mêmes des enseignants-chercheurs français ou étrangers et les inviter à venir travailler sur le site, sur leur propre budget. Ensuite on fait du démarchage auprès des sponsors privés ou des fondations des mécénats. Par exemple, pour Labraunda, nous avons eu la chance d'obtenir le Grand Prix d'archéologie de la Fondation del Duca en 2023 qui offre le plus beau prix d'archéologie puisqu'il est de 150 000€. Pour donner un ordre d’idée, le financement MAE de la fouille représente environ 30 à 40% du budget et il y a 60 à 70% de financement extérieur.
Conseillerez-vous à un jeune de devenir archéologue ?
A.B. : Je pense que je conseillerais à un jeune, s’il a vraiment ce rêve de devenir archéologue, de faire le maximum pour faire de l’archéologie son métier. Ce que je peux vous dire c'est qu’on ne devient pas archéologue pour gagner beaucoup d'argent. On devient archéologue parce qu’on est passionné par une époque, par la connaissance du passé. Personnellement, je peux vous dire que quand je vais au travail, je suis content. C'est du travail mais c'est aussi une passion. C'est clair que c'est un métier qui dans mon cas m'a obligé à changer de pays. Je suis arrivé en poste fixe très tard dans ma carrière par rapport à quelqu'un qui peut avoir un travail avant 30 ans. En effet, il ne suffit pas d’avoir un master d'archéologie pour devenir enseignant d’archéologie à l’université, il faut beaucoup d'expériences et faire beaucoup de sacrifices. Mais voilà, c'est le prix à payer pour son rêve.
O.H. : Je conseillerais à un jeune de toujours faire ce qui le passionne quelle que soit l’activité qu’il envisage. Il y a des métiers où il y a bien sûr plus d'opportunités que d'autres et l'archéologie n'en fait pas partie. Mais je pense qu’il faut faire ce qui nous passionne dans la vie, parce qu’il est difficile de faire un travail sans passion. Il faut, bien entendu rester réaliste, mais tenter aussi, coûte que coûte, de rester au plus près de ses aspirations.
Interview réalisée et transposée par Lucie Petit
Pour aller plus loin sur notre dossier spécial du mois consacré au secret, consultez les articles de nos rubriques Relations internationales, Société et Culture sur notre blog.
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