Si le député européen moyen a 49 ans, l’élection de la députée européenne danoise Kira Peter-Hansen est un événement historique : elle est la députée européenne la plus jeune de l’histoire à seulement 21 ans. Son élection illustre cette volonté des jeunesses européennes de faire irruption dans leur propre Parlement.
En 2019, le scrutin a particulièrement surpris et pour cause : on a constaté un recul historique de l’abstention, en grande partie dû à la mobilisation des jeunes. Ce surprenant engagement se traduit par une hausse de 14 point de pourcentage de la participation des 18-24 ans par rapport à 2014. Cela a particulièrement profité au parti EELV (Europe Écologie Les Verts), arrivé en première position en Francecomme le montre ce sondage réalisé par l’IFOP.
Sondage IFOP
Mais la France n’est pas le seul pays membre dans ce cas : la grande mobilisation écologiste s’est soldée par de très bons résultats en Allemagne, Belgique, Irlande et Danemark. Ces résultats imposent donc au Parlement européen le traitement des questions écologiques, et l’adoption de la loi sur la restauration de la nature en est l’exemple parfait.
Toutefois, les députés écologistes européens restent minoritaires face à la puissance du groupe conservateur, le PPE (Parti Populaire Européen). C’est cette situation qui a poussé le groupe à vouloir abandonner ce texte législatif. Le PPE a même tenté de créer une alliance avec le groupe Renew (députés de La République En Marche) et l'extrême droite afin de faire tomber le texte. De jeunes activistes pour le climat ont alors fait pression sur les groupes politiques européens, soutenus par une campagne vivement relayée sur les réseaux sociaux en France.
Cette démarche du PPE va pourtant à l’encontre des volontés politiques exprimées par les jeunes dans un contexte de dérèglement climatique, illustrant la décrédibilisation totale de leur parole. Pour être mieux représentés les jeunes doivent donc lutter mais le combat n’est pas facile. En effet, leur parole est constamment discréditée et les clichés ont la tête dure, continuant de véhiculer cette image de « jeunes dépolitisés ».
Sarah Pickard, chercheuse en civilisation britannique contemporaine, a notamment dressé un parallèle entre le « Do It Yourself » (Fais le toi-même) et l’engagement des jeunes. Ces derniers s’engagent politiquement tout autant que les autres catégories d'âge mais ils le font différemment. On note alors un combat allant de la signature de pétition en ligne pour 47% des jeunes en 2020, à la participation lors de manifestations comme celles du mouvement Fridays For Future, luttant contre le réchauffement climatique.
Au sein de l’Union Européenne tous les sujets n’intéressent pas toutes les tranches d’âge : ici, on note que les 15-24 ans sont particulièrement concernés par la lutte contre le réchauffement climatique. Peu surprenant quand on sait que cette même tranche d’âge est celle ayant propulsé EELV en tête de leurs votes. Et ce sont ces sujets dits « de la jeunesse », qui mobilisent le plus lors de scrutins. S’ils sont absents des campagnes, les plus jeunes générations risquent de ne pas voter lors des prochaines européennes de 2024.
C’est alors aux jeunes générations européennes de choisir leur Europe, d’imposer leurs propres agendas politiques et thématiques qu’ils souhaitent voir débattre. Passer par le niveau européen est le meilleur outil pour lutter contre le dérèglement climatique, et ça, les jeunes l’ont compris. Après le vent de jeunesse insufflé au scrutin de 2019, espérons que cela persistera en 2024 afin de convaincre les plus fervents abstentionnistes.
Par Louison Villemain
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