Mon restau responsable, « ce n'est pas un label, mais un outil », insiste Sophie Eclercy, chargée de mission au crous. MIDI LIBRE - ALEXANDRA PORTL
Les vingt-six Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires (Crous) sont gérés indépendamment les uns des autres. Ils partagent tout de même une même volonté de favoriser une consommation éthique et locale. A l’instar du Cours de Lyon, qui s’est engagé depuis le 1er février 2022, pour une alimentation plus durable : une vidéo promotionnelle déclare que « Le Crous de Lyon rejoint la démarche Mon Restau Responsable », et montre par exemple que leurs pommes et leurs poires viennent de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette méthode repose sur 4 axes d’intervention : le bien-être des convives, l’assiette responsable, les éco-gestes et l’engagement social et territorial.
Est-ce suffisant d’être soucieux ? Ne faut-il pas un engagement total ? C'est sûr, il faut en faire plus selon les militants de la mobilisation surprise organisée au restaurant universitaire Rabelais de Poitiers, L’objectif est de pousser la réflexion des étudiants sur ce qu’ils consomment, en lien avec les revendications du secteur agricole en pleine crise. Une militante des Soulèvements de la terre dénonçait à La Nouvelle République « Là, les courgettes de ce midi, elles n’ont pas été faites par les paysans sur les barrages. »
Pourtant, la loi EGALIM encadre depuis 2018 de manière significative la restauration collective publique. Elle établit un équilibre essentiel dans les relations commerciales du secteur agricole et alimentaire. L'article 24 impose à la restauration collective publique d'offrir, à compter de 2022, au moins 50% de produits durables.
Afin de répondre aux normes et objectifs de cette loi, un produit de qualité et durable doit être doté d'un label reconnu, tels que AOP, AOC, IGP, STG, Label Rouge, « produits fermiers », Pêche Durable, etc. Sont d’ampleur européenne l’Appellation d'Origine Protégée (AOP), la Spécialité Traditionnelle Garantie (STG), et l'agriculture biologique. Ces labels doivent donc répondre aux normes de la législation européenne.
Ainsi, quand en plat du jour il y aura de l’Ebly et haricot vert accompagnés d’un poisson pané, et en dessert, un yaourt et une pomme, sachez qu'au moins la moitié des produits proviennent de votre région, de France ou de l’agriculture européenne.
Dans ce contexte, il est important de se pencher sur la législation prévue du côté de l'Union européenne. Il convient d’abord de rappeler que chaque État membre de l'UE peut avoir ses propres exigences et initiatives en matière de restauration collective, garantissant ainsi la qualité nutritionnelle, la sécurité sanitaire et la traçabilité des aliments. Dans l'ensemble, l'objectif est d’assurer des repas sains et sûrs dans les institutions collectives telles que les écoles, les hôpitaux et les lieux de travail.
Plus concrètement, des exigences d'étiquetage claires et précises sont imposées par l’UE sur tous les aliments, y compris sur les plats servis dans les restaurants universitaires afin de protéger les consommateurs. Un autre acte législatif concerne les contrôles officiels des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. Cette loi fixe les règles applicables aux contrôles officiels effectués par les autorités compétentes pour garantir la sécurité sanitaire des aliments.
Cependant, malgré la législation existante sur ce sujet, il faut rester vigilant… Et continuer en tant qu’étudiant de demander toujours plus de transparence aux restaurants universitaires.
Par Emma Likaj et Marianthi Dimou
Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré à l’agriculture, consultez les articles de nos rubriques Relations Internationales et Culture sur notre blog.
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