L’euroscepticisme a toujours été un sentiment présent en Europe. C’est pour cela que le traité de Lisbonne a mis en place à son article 50, le retrait d’un Etat membre de l’UE. Processus qui a été utilisé par le Royaume-Uni, en janvier 2020. Ce souhait qui désormais inspire d’autres nations a été motivé par des crises économiques et migratoires.
Les inquiétudes des différents états ont été soulignées par la crise migratoire en 2015 à la suite des guerres irakiennes et syriennes, conduisant à une vague migratoire nécessaire à la survie des civils. Le système de Dublin, mis en place en 2013 par la signature du règlement Dublin III, a responsabilisé le premier pays traversé par l’individu demandeur d’asile, d’examiner sa demande et de le protéger durant ce processus.
Les pays points d’entrées sur le territoire de l’Union européenne se voit imposer une charge de protection vis-à-vis des individus qui intègrent pour la première fois le territoire. L’Italie et la Grèce sont les premiers concernés compte tenu de leur emplacement géographique. Ces pays responsables doivent recevoir la demande d’asile, loger les individus jusqu’à obtention du titre de réfugiés, ou alors renvoyer l’individu d’où il vient.
Ces états membres de l’Union européenne se sont alors plaints des règlements de l’institution, surtout que la Grèce vivait à cette période là une crise économique et ne pouvait pas mener à bien les nombreuses demandes d’asile des réfugiés issus des conflits armés. Les pays responsables sont allés jusqu’à exposer les migrants à des risques mortels afin de ne pas accueillir ces derniers, faute de moyens financiers.
Ce système de Dublin ne semble pas être remis en cause par la majorité des Etats membres, leur permettant de s’affranchir de responsabilité. Ils n’ont qu’à refuser la demande d’immigration du réfugié venant d’un pays responsable. Le principe de non-refoulement issu du droit international ne peut alors s’appliquer car les réfugiés déclarés par les pays de l’UE ne sont alors, pas considérés en danger dans le pays européen.
L’idée de système de dublinage permet par ailleurs un aspect solidaire entre les différents états. Comme certaines politiques internes conservatrices ne souhaitent pas accueillir des migrants, ils aident financièrement les pays les plus touchées par les vagues migratoires afin d’alléger le poids des nouveaux arrivants sur le territoire de l’Union européenne par les frontières italiennes. Cela s’est notamment traduit par des normes comprises dans un « pacte sur la migration et l’asile ». Les procédures de demandes d’asiles et de migration ont été réformées afin qu’elles soient plus efficaces, plus rapides, plus respectueuses des droits fondamentaux des personnes. Tout en permettant également d’augmenter la solidarité entre les pays : ils peuvent relocaliser les réfugiés, ayant obtenu une demande d’asile, ou encore participer financièrement à la remise des personnes qui ne jouissent pas d’un droit de séjour. Bien que ces normes adoptées en avril 2024 ne sont que facultatives pour les Etats car basées sur le volontariat, elles permettent d’encourager l’aspect solidaire de l’Union européenne.
Cet aspect d’euroscepticisme vis-à-vis de la perte du contrôle des frontières considérés par certains Etats tend à diminuer compte tenu de la situation actuelle du Royaume-Uni. Son retrait de l’Union européenne promettait aux citoyens anglais de reprendre le contrôle de l’immigration, considérant qu’elle était trop importante pour leur idéologie interne. Néanmoins, les demandes de visa par des habitants d’un Etat membre de l’Union européenne ont chuté, tandis que celles des habitants du reste du monde n’ont fait qu’augmenter afin de satisfaire un souhait de manœuvre des entreprises.
Par Camille Benard
Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré à l’euroscepticisme, consultez les articles de nos rubriques Société et Relations internationales sur notre blog.
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