Logo de l’ICE "Tax The Rich”
L'ICE est un outil législatif, bien que méconnu, permettant de suggérer la création d’un acte législatif à la Commission européenne. Elle donne la possibilité aux citoyens européens de donner une légitimité certaine à un projet, celui-ci étant par conséquent inscrit à l’agenda politique européen. La commission européenne doit de ce fait élaborer une proposition de loi sur la thématique, ou peut décliner cette suggestion, à condition de justifier son refus. L’ICE « Tax the rich » doit permettre de mener et d’entreprendre une politique européenne anti-libérale taxant les plus riches, au service de la transition écologique.
Pour ce faire, les règles sont simples : l’ICE doit recueillir 1 000 000 de signaturesen un an, dans au moins 7 pays européens. Les personnes souhaitant encourager l’initiative peuvent alors la parapher sur le site de la Commission européenne.
En parallèle, les instances politiques de l’Union Européenne (UE) ont déjà lancé plusieurs initiatives pour faire face aux enjeux climatiques. En effet, l’UE tente de faire face au réchauffement climatique à travers l’adoption du « Pacte Vert ». La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen en a même fait la priorité de son mandat. Toutefois, les débats et négociations politiques au sein des institutions européennes sont en cours et certains partis politiques européens (une alliance de la droite et l’extrême droite européenne composée par le PPE, ID et CRE) tentent d'atténuer l’ambition des textes législatifs. C’est ce qui s’est passé avec la loi sur la restauration de la nature.
C’est dans ce contexte que l’ICE devient une opportunité politique face au blocage étant donné que la légitimité provient directement des citoyens. La proposition est assez simple et est illustrée par la reprise d’un slogan historique « Tax the Rich ». En effet, un impôt européen sur les grandes fortunes permettrait à l’UE d’avoir un réel budget pour financer l'action politique nécessaire afin de devenir le premier continent neutre en émission de CO2.
Cette ICE répond donc à la quête de justice climatique, face à un constat clair : les 1% les plus riches de la planète émettent autant d’émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre de la population.
Mais voilà, l’ICE peine à trouver son public dans certains pays européens. Pourtant, une double campagne médiatique a été amorcée par les instigateurs de l’initiative.Le cas français en est l’exemple : le premier volet concerne les médias traditionnels où les figures du mouvement viennent promouvoir l’ICE ; le second volet concerne, lui, les réseaux sociaux - notamment à destination d’un public jeune. La volonté au travers de cette ICE est de concrétiser une dynamique en place depuis plusieurs années, notamment encourager par Raphaël Glucksmann, à la tête du partie politique Place Publique. Ce dernier a su fédéré une communauté sur ses réseaux sociaux, autour de propositions fortes, tel que la lutte pour les droits des Ouïghours en 2021. Aurore Lalucq, députée européenne à la tête de l'ICE et membre du même partie politique tente alors de fructifier la portée des réseaux sociaux, nouvelle agora contemporaine.
Un mois après le lancement de la campagne de promotion de cette initiative qui se veut universelle par sa cause, l’envol tarde à se concrétiser. Seulement un peu plus de 45 000 votes ont été recueillis à la date du 11 novembre 2023. En outre, plus de 90% des voix proviennent de France, d’Italie et de Belgique.
L’ICE « Tax the Rich » incarne la lutte contre le réchauffement climatique à une échelle encore trop peu valorisée : l’Union européenne. Sa réussite passera par sa capacité - ou non – de se montrer comme tel.
Par Louison Villemain et Bastien Guillon-Durbin
Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré à l’écologie, consultez les articles de nos rubriques Société et Culture sur notre blog.
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