L’ART, UN VECTEUR POSSIBLE D’ACTION ET DE REPRÉSENTATIONS POSITIVES DE LA SEXUALITÉ

Le corps humain a toujours été l’un des premiers sujets de l’art qu’il soit plastique, photographique ou cinématographique (1). Il peut être un sujet passif ou faire partie du processus créatif comme dans le cas des empreintes de la grotte de Chauvet.

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3 min ⋅ 01/12/2025

Le corps humain a toujours été l’un des premiers sujets de l’art qu’il soit plastique, photographique ou cinématographique. Il peut être un sujet passif ou faire partie du processus créatif comme dans le cas des empreintes de la grotte de Chauvet. 

La représentation du corps humain véhicule certaines idées dès l’Antiquité. Les canons de l’art grec et romain sont abondamment étudiés en histoire de l’art. Pourtant, bien qu’on associe l’art antique à un art sage voire modèle, il y a eu dès la période hellénistique des premiers scandales. On représente le corps dans sa réalité crue. On ne cache plus la sensualité de la femme avec l'Aphrodite de Cnide attribuée à au sculpteur grec Praxitèle. On illustre le mouvement chez l’athlète. Cette représentation du corps va devoir faire face, au Moyen-Âge, à un changement de paradigme : le corps acquiert une dimension sacrée dans le christianisme. Il n’est que le reflet d’une création divine. C’est pour cela que, bien qu’il reste au cœur des œuvres, il reste dissimulé et plutôt symbolique. 

Le renouveau de la Renaissance

Mais, c’est à la Renaissance qui va donner un ton nouveau à nos représentations futures du corps humain : le corps d’une personne féminine est exhibé pour montrer le « Beau » qui est un idéal similaire à nos normes de beauté actuelles. Celui de la personne masculine est représenté en activité, rarement statique. 

Or, toutes les œuvres ne répondent pas à cette idée. Les œuvres d’Artemisia Gentileschi, une artiste italienne de la Renaissance, montrent des femmes actives et prêtes à tout pour prendre la main sur leur destin. Mais, la plupart des œuvres sexualisent le corps de la femme en la présentant comme un sujet passif. Ces œuvres partagent une vision patriarcale du corps de la femme. Cependant, ces dernières années, des artistes cherchent à revoir ce cadre. Kate Groobey, une artiste anglaise, représente des femmes dans des positions d’activités et de danse. Quant à l’artiste ukrainien Oleksandr Balbyshev, il représente les corps masculins dans des canons habituellement appliqués aux corps féminins. 


L’art contemporain en proie à des tabous

Même si l’art cherche à se défaire de ces canons réducteurs, aujourd'hui, le tabou autour de la question de la sexualité connaît un nouvel élan. Ce phénomène touche de plein fouet, l’art dans sa production et son exposition. C’est un réel problème au regard des retours en arrière que font certains pays en matière de droits reproductifs et des minorités de genre. L’art, sans le retour de ce tabou aurait pu servir comme un support d’enseignement, de revendication des minorités de genres et sexuels et de vecteur de représentations positives de la sexualité.

 Ce n’est pas le seul problème qui touche l’art. Dans certains domaines artistiques, grâce à des mouvements comme #MeTooCinéma, les violences sexistes et sexuelles sont presque institutionnelles. Cette prise de conscience n’est pas seulement française, mais concerne également d’autres pays tels que l’Espagne ou les Etats-Unis.

Cependant, il reste quelques lueurs d’espoir malgré un contexte économique et politique difficile. Il existe des dispositifs soutenus par l'Union européenne et d’autres organisations internationales afin de lutter contre ces violences sexistes et sexuelles. La meilleure action ici est l’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité. Dans ce cas, l’art peut servir de médium pour montrer des comportement problématiques, des clichés et des représentations positives. Il peut aussi être le point de départ pour des dialogues autour de ces thématiques. L’Union a aussi signé plusieurs conventions de protection des droits des femmes et mis en place un programme de lutte contre les violences à l’égard de la communauté LGBTQI+.

Au final, il reste tout de même la nécessité de mettre en avant des œuvres émancipatrices des carcans patriarcaux et qui mettent en lumière des tabous et des violences encore trop tus dans la société. 

Par Lucie PETIT

(1) : https://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-corps-oeuvre/ENS-corps-oeuvre.htm


Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré à la sexualité et à la contraception, consultez les articles de nos rubriques Société et Relations internationales sur notre blog.

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