LA PROTECTION DES PERSONNES TRANSGENRES, VERS UNE ÉVOLUTION RESTREINTE PAR LA DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME DU ROYAUME-UNI ?

Le 16 avril 2025, la Cour suprême du Royaume-Uni a pris la décision d’exclure les femmes transgenres de la définition de femme. Cette restriction alarmante a entrainé des manifestations spontanées dans la capitale. Craignant une influence sur les mesures juridiques, ces inquiétudes se sont étendues au niveau européen.

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2 min ⋅ 01/01/2026

Les personnes transgenres sont des personnes dont l’identité de genre diffère du sexe assigné à la naissance. Ce ressenti est appelé dysphorie de genre : « détresse ressentie par une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe attribué à la naissance ».

Cette conviction profonde commence généralement dès le plus jeune âge, créant un décalage entre la perception de la société à leur égard et leur rapport personnel à leur corps. Cet écart commence par leurs documents officiels. En effet, leur état civil énonce le sexe assigné à la naissance, engendrant de nombreuses violations de leurs droits fondamentaux : leur vie privée n’est pas protégée, leur dignité est reniée, ce qui mène alors à des discriminations intégrées par le système.

En 2019, l’OMS a enfin considéré que la transidentité n’était plus, ni un trouble mental, ni une maladie. Dans l’objectif de reconnaitre et de protéger les personnes transgenres, cette classification permettrait de favoriser l’accès aux différentes interventions nécessaires au bien-être de ces personnes. 

Pour autant, même si certains pays permettent le changement de genre sur les documents officiels, un premier pas vers une meilleure relation entre la société et les personnes transgenres, la plupart des pays d’Europe continuent de reconnaitre la transidentité comme un trouble mental. Entravant alors des garanties nécessaires à leur protection mentale et physique. Considérées comme malades, les personnes transgenres sont ignorées et discréditées. 

Précurseur, le Danemark a autorisé le droit à l’autodétermination du genre sur les documents officiels dès 2014. Tandis que certains pays européens n’ont toujours pas reconnu le mariage homosexuel, d’autres ont été influencés dans l’idée de réduire les discriminations faites aux personnes transgenres. 

Jusqu’en mai 2025, la Tchéquie ne reconnaissait la transidentité d’une personne qu’après des interventions irréversibles. La stérilisation était indispensable, ce qui se traduisait alors comme une stérilisation forcée prescrite par l’État. Certains pays comme la Roumanie, la Lettonie ou la Bulgarie restent encore en retard pour la reconnaissance des personnes transgenres.

Ces évolutions sont donc assez hétérogènes sur le continent. L’Écosse a souhaité suivre cette protection des droits des personnes transgenres en 2018 afin de faciliter l’autodétermination du genre mais elle a été stoppée par la décision de la Cour suprême anglaise en avril 2025.   Un paradoxe alarmant : bien qu’il soit l’un des pays les plus développés d’Europe, le Royaume-Uni reste en retard concernant la protection des droits humains.

Les personnes non-binaires sont, quant à elles, encore moins reconnues et considérées. Exclues de ces évolutions, leur identité de genre ne peut être inscrite dans les catégories féminines ou masculines. L’Islande et Malte sont les seuls pays européens permettant d’inscrire « sexe neutre » sur les formulaires officiels. 

 Malgré ces évolutions dans leurs droits, des agressions transphobes continuent d’être perpétrées. Elles sont beaucoup moins reconnues dans la société, mais tout autant dévastatrices que les autres, allant jusqu’à des meurtres. Des discours haineux sont également relatés dans les Parlements des pays européens, où des législations sont pourtant censées protéger les personnes transgenres. 

La décision de la Cour suprême du Royaume-Uni ne permet pas de favoriser les rapports entre la société et les personnes transgenres. Cette décision s’inscrit dans un conservatisme, pourtant dépassé au vu des évolutions législatives du pays. 

Par Camille BENARD 


Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré au corps, consultez les articles de nos rubriques société et culture sur notre blog.

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