À ces questions, vous n’avez sûrement pas trouvé de réponses. Peut-être que le nom d’Angèle vous est venu, ou bien celui de Lady Gaga. Ce jeu n’a pas pour but de s’infiltrer dans la vie personnelle des stars, mais bien de souligner un problème : les personnes bisexuelles ne sont quasiment pas représentées dans les médias. Leur voix n’est portée par (presque) personne, et encore moins chez les hommes. C’est d’ailleurs ce que l’association des jeunes LGBT de France affirme sur son site internet : « Si le traitement médiatique de l’homosexualité laisse encore à désirer, celui de la bisexualité est quasi-inexistant ».
La difficulté est la même pour les fictions : difficile de trouver un héros ou une héroïne de série, livre, film, qui soit bisexuel.le, même à l’époque où la communauté LGBTQIA+ est de mieux en mieux représentée – en particulier sur les plateformes de streaming comme Netflix. Alors, comment expliquer ce manque de présence de la communauté bisexuelle dans l’espace public ?
Les clichés ont la peau dure, même chez les personnes les plus concernées. Tandis que la communauté LGBTQIA+ se fait de plus en plus voir et connaître, il existe en son sein même une certaine biphobie. La bisexualité est, encore aujourd’hui, considérée par certain.es comme une orientation de “transition” entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Les personnes s’affirmant bisexuelles seraient donc amenées à se dire, tôt ou tard, homosexuelles. Pire encore, l’idée que la bisexualité “n’existerait pas” persiste : dans ce cas, la vision binaire homo / hétéro n’a donc aucune nuance. Ainsi, cette orientation étant encore mal comprise, rares sont les fictions construisant leur histoire autour.
Les stars, quant à elles, peuvent rencontrer des difficultés à assumer leur bisexualité, peut-être même plus que l’homosexualité. Les créateurs du média Paint expliquent dans un épisode de leur podcast Contre-nature qu’ils ont beaucoup de mal à trouver des personnes - et particulièrement des hommes - bisexuelles qui accepteraient de venir témoigner à visage découvert.
Cette attirance est aussi souvent plus complexe à identifier que l’homosexualité. Dans mon cas, en tant que femme attirée par les hommes, je me considérais hétérosexuelle. Jusqu’au moment où j’ai dû reconnaître être aussi attirée par les femmes. Immédiatement, je me suis demandé si j’étais une lesbienne refoulée : je ne pensais pas à la bisexualité.
Il est aussi plus facile et tentant de mettre de côté cette part d’attirance pour le même genre, puisqu’une part de nous est considérée comme “normale”. Pourquoi s’infliger un coming-out, souvent difficile à faire, si l’on peut vivre sans ? Il est difficile de trouver le courage de “sortir du placard” quand on pourrait y rester sans trop en souffrir.
Les bisexuel.les sont, comme les autres LGBTQIA+, contraints d’expliquer et réexpliquer en permanence leur situation. Oui, ils et elles aiment les deux ; non, ce n’est pas parce qu’on est en couple avec l’autre genre qu’on est devenus hétéro ; et non, ce n’est pas parce qu’on est en couple avec le même genre qu’on est “enfin” homo.
En bref, les stars vivent sûrement ces mêmes schémas. Mais le manque de représentation empêche de casser les stéréotypes. Et sans représentation, plus difficile de s’identifier. Alors ce n’est qu’en s’assumant, et en prenant la parole, que l’on pourra casser ce cercle vicieux. Ainsi, nous pourrions enfin en finir avec la dualité qui nous est imposée : homme ou femme ? Hétéro ou homo ? Et ouvrir le monde à plus de nuances.
Par Juliette Blanc
Pour aller plus loin sur notre dossier du mois consacré aux droits LGBTQIA+, consultez les articles de nos rubriques Relations internationales, Culture et Société sur notre blog.
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